À Salem, le 20 septembre 1920, cinq personnes que rien ne destinait à se rencontrer ont fini par comprendre qu’elles partageaient toutes le même héritage de cendres. Leur lien ne relevait ni du hasard ni de la simple curiosité : il prenait racine dans une mort injuste, dans un feu qui n’aurait jamais dû brûler, et dans un crime ancien que le temps n’avait pas réussi à étouffer.
Contexte
Tout commence avec Dory Gardner et sa petite fille, disparues dans un incendie aussi brutal que suspect. Officiellement, il ne s’agissait que d’un accident domestique, l’un de ces drames anonymes que Salem a appris à accepter. Pourtant, très vite, une idée s’impose : ce feu n’était peut-être pas isolé. Il aurait pu être l’étincelle originelle du Grand Incendie de 1914, celui qui a ravagé la ville et laissé derrière lui des quartiers entiers calcinés, des corps non identifiés, et une odeur de suie que certains jurent encore sentir les nuits humides.
En fouillant, les investigateurs découvrent que la mort de Dory n’était que le dernier acte d’une tragédie familiale. Un mois plus tôt, sa mère avait disparu. Pas de cris entendus, pas de témoins, pas même un cadavre. Elle s’était simplement volatilisée, comme si Salem l’avait avalée. Son mari, James Gardner, marin rongé par l’alcool et la violence, n’avait offert que des silences troubles et des accès de rage. Depuis cette disparition, il s’était abandonné à la boisson, fuyant la réalité dans les tavernes du port, se battant pour oublier, s’enfonçant chaque jour un peu plus dans la déchéance.
Mais James Gardner ne portait pas seulement le poids de ses pertes récentes. Son passé suintait le sang. À la fin de l’année 1913, presque tous les marins avec lesquels il avait navigué et bu pendant des années étaient morts. Des décès brutaux, parfois qualifiés d’accidents, parfois de rixes ayant mal tourné, jamais reliés entre eux. Jusqu’à ce que les PJ commencent à assembler les pièces.
Alors remonte à la surface un événement que personne ne voulait se rappeler. En 1884, Gardner et ses compagnons avaient commis l’irréparable. Une jeune femme, pauvre, seule, sans nom dans les registres, avait croisé leur route. Ils l’avaient violée. Ils l’avaient battue. Ils l’avaient laissée mourir. Et comme tant d’autres avant eux, ils avaient poursuivi leur existence sans jamais répondre de leurs actes.
Quelqu’un, pourtant, avait attendu.
Un par un, les anciens marins furent retrouvés morts. Puis la vengeance se fit plus intime, plus cruelle. La femme de James Gardner fut enlevée. Peu après, un colis arriva par la poste, soigneusement emballé. À l’intérieur, son cœur. Un message sans mots, une condamnation définitive.
La suite fut inévitable. Sa fille. Sa petite-fille. Le feu. Les flammes comme un linceul purificateur, dévorant la chair, les souvenirs et les preuves. Un incendie si violent qu’il semblait vouloir effacer jusqu’à l’idée même de pardon.
Aujourd’hui encore, personne ne sait si ce qui s’est abattu sur la famille Gardner relevait d’une vengeance humaine ou de quelque chose de plus ancien, de plus sombre, réveillé par un crime impuni. Mais une chose est certaine : à Salem, certaines fautes ne meurent jamais. Elles attendent. Elles observent. Et quand elles frappent, elles prennent tout.
Composition du groupe d’investigateur
| Nom | Description |
|---|---|
| Earl Folson | Docker de 28 ans originaire de Salem, il est revenu s’installer chez son ancienne nourrice après avoir été accusé à tort lors d’une rixe à Boston. |
| Kaja Olensinski | Immigrée polonaise de 42 ans vivant à Beverly, où elle exerce le métier de couturière. Elle est l’épouse de Lucjan Olesinsky, un homme de main fiable et respecté au sein de la pègre polonaise de Waterfront. |
| Mary Halliwell | Jeune femme de 26 ans, ancienne aviatrice reconvertie en propriétaire d’un garage à Salem. Elle a choisi de reprendre le nom de sa mère, Halliwell, après le suicide de son père en 1914 |
| Mei Shào | Jeune femme de 24 ans, d’origine chinoise, qui exerce la profession de cambrioleuse. Fille d’émigrés, elle a grandi à San Francisco où son père lui a enseigné la médecine, la calligraphie et les arts martiaux dans l’espoir d’un avenir meilleur. |
| Milo Ricci | Homme de 49 ans, originaire d’Arkham, qui s’est installé à Salem par fascination pour les légendes de sorcellerie. Ancien antiquaire, il consacre désormais sa vie à sa passion dévorante de collectionneur de reliques anthropologiques, d’objets rituels et d’amulettes exotiques. |
| Stanley Greyfield | Ancien policier de Salem, âgé de 31 ans, qui s’est reconverti comme détective privé. Son destin est marqué par une tragédie personnelle et physique survenue lors du Grand incendie de 1914. |
Personnages
| Nom | Description |
|---|---|
| Dory Gardner | Décédée en juin 1914 lors du Grand incendie de Salem. |
| James Gardner | Marin de profession, il a travaillé longtemps comme contremaître pour la Harrison & James Salem Fishing Company à partir de 1895. Il est connu pour son alcoolisme sévère et sa fréquentation assidue des maisons de passe du Waterfront, notamment Chez Tante Ju. La réputation de sa brutalité s’étend aux prostituées polonaises du quartier, qu’il n’hésitait pas à battre. |
La ville de Salem et ses quartiers
L’aventure se déroule principalement à Salem et dans ses communes limitrophes telles que Danvers, Beverly, Lynn et Marblehead :
- Waterfront : Ce quartier portuaire est parsemé de docks, d’entrepôts (comme l’entrepôt n°7 de Hatch Wharf) et de bouges tels que Chez Tante Ju. Il est parcouru par d’anciens tunnels de contrebandiers qui relient les caves de certains commerces.
- Downtown : Cœur commerçant de la ville, on y trouve des boutiques spécialisées comme la librairie Burton Books.
- Gallows Hill : Ce secteur à la réputation sinistre abrite les ruines du 55 Boston Street, point de départ du Grand incendie de 1914 qui a ravagé la cité.
- Salem Neck : Cette péninsule accueille l’Almshouse Hospital, cet établissement sert de lieu de soins et de convalescence pour des individus physiquement ou psychologiquement brisés.
- Cimetière de Charter Street : Lieu de repos historique au cœur de Salem, marqué par son atmosphère sinistre et ses liens avec les grandes figures puritaines du XVIIe siècle.
- Marblehead : Cette ville côtière est marquée par la malédiction de la lignée Woodward.
- Beverly Woods : Cette forêt est particulièrement dense et envahie de ronces menaçantes qui grimpent le long des troncs d’arbres et forment des buissons épineux impénétrables.
- Danvers (anciennement Salem Village) : Lieu historique du déclenchement de la folie des sorcières en 1692, la commune accueille aujourd’hui le vaste Danvers State Hospital.

